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CONFIANCE - Sonja Ferlov Mancoba

07.03.2012  17:51
Exposition à la Maison du Danemmark du 15 mars au 29 avril 2012

« Rien que de la patience, du courage et du courage, et puis ne jamais perdre foi en l'homme »



Sonja Ferlov Mancoba occupe une position remarquable dans le modernisme danois. Non seulement elle fut l'une des rares artistes femmes de cette époque, mais elle travailla principalement sur la sculpture, prit une orientation internationale, et sa recherche la mena très tôt hors des frontières de son pays. Domiciliée à Paris, elle favorisa dès 1936 les contacts entre l'avant-garde française et les artistes danois du même esprit. Elle joua un rôle actif dans les principaux groupements danois des années 1930-40, tels que Linien, Høst et le mouvement international Cobra. Dès 1950, Christian Dotremont signa une monographie de Sonja Ferlov Mancoba publiée dans la série légendaire de la Bibliothèque Cobra, et plusieurs de ses sculptures furent présentées dans les revues du mouvement. Et même si elle ne participa pas aux expositions Cobra d'Amsterdam en 1948 et de Liège en 1950, ses oeuvres figurent dans les grandes expositions internationales qui, à chaque décennie, commémorent le mouvement Cobra. Le destin de Sonja Ferlov Mancoba fut donc d'être associée à ce groupe, même si ses sculptures limpides et harmonieuses sont radicalement différentes des peintures spontanées, abstraites et expressives des représentants masculins du groupe.

Sonja Ferlov Mancoba partageait avec les artistes de Cobra l'intérêt pour l'art primitif, et une grande partie de ses sculptures denses et frontales ont leur source dans le masque. Mais plutôt que de reproduire des modèles ethnographiques, elle utilisait le motif du masque pour saisir et « conserver le visage humain dans une société inhumaine ». Ces mots de Sonja Ferlov Mancoba font référence aux problèmes politiques et sociaux dont elle fut le témoin et qu'elle eut à ressentir sur son propre corps. Elle vécut dans sa jeunesse la montée du nazisme et du fascisme, puis la Seconde Guerre mondiale à Paris, occupé par les Allemands ; en 1942 elle se maria avec l'artiste sud-africain Ernest Mancoba, alors interné dans un camp en raison de sa nationalité britannique et par la suite persona non grata dans sa patrie en raison de l'apartheid.

Pour Sonja Ferlov Mancoba, le travail sur la sculpture représentait une libération de la réalité concrète, un moyen de s'élever au-dessus et en dehors du temps. Comme elle l'exprimait elle-même, « elle découpait ses pensées en plâtre », modelant et élaborant ses sculptures par un processus obstiné, lent et intuitif, qui la contraignait à entrer en dialogue avec le matériau, à révéler les relations internes de la matière. Pratiquement tous ses originaux en plâtre et en argile existent en version bronze, matériau durable qui reflète la dimension atemporelle et existentielle de l'art de Sonja Ferlov Mancoba.

L'exposition à la Maison du Danemark permet non seulement de retrouver Sonja Ferlov Mancoba, artiste marquante qui a déjà été l'hôte de la maison, mais aussi de présenter une femme incarnant en son corps une perspective franco-danoise. Enfin, et surtout, il s'agit d'une rencontre avec un être sensible qui d'une voix retenue, mais forte et belle, souligne le potentiel de l'art à délivrer le sens de la vie :

« On essaie sans cesse d'amener un peu à la lumière le courant secret d'humanité infinie qui nous traverse tous. En dépit du déchirement et de la solitude, il nous relie à nos destinées humaines communes... Nous ne sommes là qu'une seconde, ce n'est pas essentiel ; une seule chose compte, c'est que les forces vitales qui nous irriguent soient renouvelées et transmises afin que le feu puisse pour toujours brûler, nous éclairer et nous relier à un grand être humain. » Sonja Ferlov Mancoba ; Ingen skaber alene ( Personne ne crée seul), lettres 1960-84.

L'exposition, à l'initiative de la Galerie Mikael Andersen, fait suite à l'anniversaire des 100 ans de Sonja Ferlov Mancoba en 2011. Outre la Galerie Mikael Andersen, une série de musées danois, ainsi que des collectionneurs privés et des institutions, ont mis à disposition des oeuvres pour le projet. La commissaire de l'exposition est Hanne Lundgren Nielsen, directrice du musée Carl-Henning Pedersen & Else Alfelt, Herning, où l'exposition sera présentée du 17 mai au 12 août 2012.

 


NOTES BIOGRAPHIQUES
Sonja Ferlov Mancoba naît le 1er novembre 1911 à Copenhague. Elle fait sa formation à l'Ecole des Métiers d'Art et à l'Académie de Copenhague. Une de ses grandes sources d'inspiration est l'art africain et mexicain, son intérêt pour l'art primitif ayant été éveillé par la découverte de l'art africain chez le collectionneur Carl Kjersmeier, un ami de la famille Ferlov. Elle travaille la peinture jusqu'en 1953, puis commence la sculpture qui deviendra sa forme d'expression privilégiée. Intéressée par les théories de la psychanalyse et de l'inconscient, elle fonde en 1934, avec Ejler Bille, Richard Mortensen et Vilhelm Bjerke Petersen, la revue et l'association d'artistes surréalistes abstraits Linien.

En 1935, elle réalise ses premières sculptures en terre, exposées la même année à l'exposition d'automne des artistes, KE ( Kunstnernes Efteraarsudstillling). Elle part l'année suivante pour Paris, où elle noue rapidement des contacts avec les artistes internationaux, entre autres Alberto Giacometti, dont elle fut un temps la voisine. Durant les années précédant la Seconde Guerre mondiale, elle devient un point de ralliement naturel pour les artistes danois séjournant pour des périodes plus ou moins longues à Paris, métropole de l'art, notamment ceux qu'elle avait connus lors de ses études ou de ses activités autour du groupe Linien. C'est à Paris aussi que Sonja Ferlov rencontre en 1938 son futur mari, l'artiste sud-africain Ernest Mancoba. La guerre met cependant un arrêt brutal à la vie commune du couple, Ernest Mancoba étant interné en raison de sa nationalité britannique. Sonja Ferlov retourne au Danemark, mais revient rapidement à Paris pour se marier avec Ernest, qui doit cependant rester dans le camp d'internement jusqu'à la fin de la guerre. La libération amène de nouveaux espoirs et possibilités, et Sonja Ferlov Mancoba donne naissance en 1946 au premier et unique enfant du couple, le fils Wonga. La famille s'installe alors au Danemark, de 1947 à 1952, où Sonja Ferlov Mancoba a la possibilité de s'engager dans le milieu artistique danois et expose à Linien II et dans les expositions Høst, établissant ainsi des contacts avec le cercle qui lance le mouvement Cobra et rassemble des artistes du Danemark, de Hollande et de Belgique.

Après la dissolution de Cobra, la famille retourne définitivement en France où elle vit à Oigny-en-Valois de 1952 à 1960. Sonja Ferlov Mancoba travaille durant ces années-là sur de petites sculptures en terre. En 1961, lorsque la famille revient à Paris, elle reprend son travail sur de plus grandes sculptures. Les années 1960-70 lui apportent la reconnaissance, elle participe souvent à des expositions, reçoit plusieurs bourses, ainsi que, en 1971, la Médaille Thorvaldsen. En 1979 paraît la monographie de Troels Andersen et un portrait filmé : « Une sculptrice danoise à Paris, 1982-83 ». Sonja Ferlov Mancoba meurt le 17 décembre 1984 à Paris et est enterrée dans le cimetière Assistens Kirkegaard à Copenhague.

Maison du Danemark
142 avenue des Champs-Elysées
75008 Paris 

du 15 mars au 29 avril
mardi-vendredi 13h-19h
samedi, dimanche et jours fériés 13h-18h

Fermé le lundi sauf le lundi de Pâques
Entrée libre

 

Exposition organisée par le service culturel de l'Ambassade de Danemark en collaboration avec le Musée Carl-Henning Pedersen og Else Alfelt et la Galerie Mikael Andersen

 


  



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